17/08/2009

"Mal de pierres" de Milena AGUS

Mal de pierres

Milena AGUS

roman - 142 pages

Editions : Le Livre de Poche

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27/07/2009

"Une éducation libertine" de Jean-Baptiste DEL AMO

Une éducation libertine

Jean-Baptiste DEL AMO

Premier roman - 431 pages

Editions GALLIMARD

Une éducation libertine

L'auteur :

DEL AMO

Jean-Baptiste Del Amo (Jean-Baptiste GARCIAde son vrai nom) est né à Toulouse en 1981. Après avoir suivi un cursus littéraire, il suit une formation d’animateur socioculturel à Grenoble et travaille auprès de publics en fin de vie et en réinsertion sociale.

Il part ensuite en mission humanitaire en Afrique et il en revient avec une nouvelle littéraire "Ne rien faire" pour laquelle il reçoit en 2006 le Premier Prix du Jeune Ecrivain.

Une éducation libertine est récompensé par le prix Laurent Bonelli, le prix Fénéon, le prix Goncourt du premier roman et le prix François Mauriac de l'Académie Française. Le roman est également finaliste du prix Goncourt et du prix Goncourt des Lycéens.

 L'oeuvre :

- Ne rien faire : 2006

- Une éducation libertine : 2008

Le thème :

« C’est un homme sans vertu, sans conscience. Un libertin, un impie. Il se moque de tout, n’a que faire des conventions, rit de la morale. Ses mœurs sont, dit-on, tout à fait inconvenantes, ses habitudes frivoles, ses inclinations pour les plaisirs n’ont pas de limites. Il convoite les deux sexes. On ne compte plus les mariages détruits par sa faute, pour le simple jeu de la séduction, l’excitation de la victoire. Il est impudique et grivois, vagabond et paillard. Sa réputation le précède. Les mères mettent en garde leurs filles, de peur qu’il ne les dévoie. Il est arrivé, on le soupçonne, que des dames se tuent pour lui. Après les avoir menées aux extases de l’amour, il les méprise soudain car seule la volupté l’attise. On chuchote qu’il aurait perverti des religieuses et précipité bien d’autres dames dans les ordres. Il détournerait les hommes de leurs épouses, même ceux qui jurent de n’être pas sensibles à ces plaisirs-là. Oh, je vous le dis, il faut s’en méfier comme du vice. » (quatrième de couverture)

"Paris, 1760. Un garçon de ferme marche vers la Seine. Gaspard a fui Quimper et aborde la capitale. Elle est pour lui la promesse d'une vie meilleure. Mais la ville, ténébreuse et dévorante, n'apporte pas mieux à ce jeune ambitieux que le cloaque dont il s'est arraché. Très vite, Gaspard comprend que ce siècle corrompu propose pourtant la possibilité de changer de condition à qui sait manier l'hypocrisie et les mondanités. En se soumettant à l'emprise d'un terrible mentor (le comte de V., mystérieux personnage sans morale ni censure), Gaspard s'extraira de sa fange et s'élèvera vers le monde de la noblesse. Journalier souillé par le limon de la Seine, il deviendra apprenti perruquier, giton dans un bordel et, enfin, amant de très vieux et très fortunés messieurs dépourvus d'héritiers. Imposteur? Peut-être... Au passage, piqué par l'aiguillon de l'humiliation, il aura appris la haine, le dégoût (des autres et de soi), le désir de vengeance. Il réussira. Et chutera.

Le destin de Gaspard illustre à merveille ce qu'il advient lorsque, par désir d'arriver, on oublie jusqu'à sa propre humanité. Mais ce qui fascine, ici, ce sont les descriptions des «jupons de misère» dont se pare la ville. Dans ce Paris magistralement décrit, on viole, on tue, on égorge à chaque coin de rue. Dans l'indifférence. Et dans une puanteur inhumaine. Ces odeurs excrémentielles, méphitiques, tiennent le premier rôle et donnent toute sa force à ce roman - par ailleurs trop long. Le tour de force de Jean-Baptiste Del Amo est d'avoir fait des pestilences qui accompagnent chaque instant de la vie de son héros autant de symboles de ce statut qui nous menace tous: l'imposture."

François Busnel

L'extrait :

     " Le ciel était d'anthracite. Les nuages, continents opaques, roulaient au-delà, étalaient leurs ombres sur le désordre des toits. De la saillie de milliers de cheminées arthritiques jaillissaient une fumée, s'exhalait une haleine par autant de bouches, aussi blanche qu'une semence, des milliers de semences éjaculées dans le ciel torve et stérile. Puis l'émanation de ces entrailles minérales déversait avec cupidité sa chaleur sur les corps, sous la croûte des toits, quelque part dans les méandres de la ville. Cette émanation s'élevait superbement, fleurissait, s'accouplait à d'autres. Ensemble, elles dominaient Paris, opposaient au soleil une nouvelle barrière, tamisaient les jours, retenaient les nuits. Des mouettes au plumage pétrifié de carbone survolaient la ville dans cet enfer et leurs cris, quintes de toux, se mêlaient aux croassements des freux jonchant les rues de leurs reflets de métal, de leurs pattes incisives.

     Les corps disparurent sous l'accumulation des tissus, des sacs de jute, des chiffons, des laines grasses. La chair devait être cachée pour ne pas souffrir de la morsure du froid. De ces assemblages loqueteux émergeaient rarement une main rouge couverte d'engelures, un visage dans l'entrebaîllement d'une capuche. Ce n'est plus au faciès que l'on reconnaissait son voisin, mais à la couleur de la loque, au ridicule d'une démarche qui cherchait à s'extraire de la neige. La lutte contre l'hiver devenait implacable.  ..."                                        p. 211 - 212     

Mon avis :                                                                  

Un livre dense, un style riche, une connaissance historique certaine. Un espoir pour la littérature française.

A lire !

Livresquement vôtre,

"Les graffitis de Chambord" de Olivia ELKAIM

Les graffitis de Chambord

Olivia ELKAIM

Premier roman - 274 pages

Editions Grasset

les graffitis de Ch

 

L'auteur :

Née en 1976, Olivia Elkaim mène de front les métiers de journaliste et d'écrivain afin de comprendre les racines et les nouveaux enjeux de la femme moderne et d'explorer plus avant la thématique de la trace.

Son oeuvre :

- Chair de femme - 2008 - Nouvelles

- Amazones ou princesses - 2006 - essai

Le thème :

Dans ce premier roman, Olivia ELKAIM aborde avec pudeur la question de la mémoire et de l'oubli.

2006 - Trevor, banquier. 1945 - Simon, écrivain juif. 1940 - Isaac, résistant. Un lien plus fort que la mort unit ces trois époques. "Un fils doit rendre hommage aux traces qu'a laissées son père."

L'extrait :

     " A Chambord, les murs parlent. Ils sont couverts de toutes sortes de "graffitis", gravés dans le tuffeau depuis le XVe siècle ou simplement dessinés au feutre pour les plus récents. Des domestiques, des aristocrates, des courtisanes, des soldats, des étudiants, des solitaires, des couples, des anonymes, des écrivains, des brouilleurs de piste - les signataires ne se désignant pas toujours, voire se donnant des surnoms, inscrivant une date pour une autre, un mot pour un autre ...Tous ces gens ont laissé des messages, des poèmes, des citations, des mots d'amour, juste un nom, leurs états d'âme, leurs considérations philosophiques ou culinaires ou sexuelles ou climatiques, dans à peu près toutes les pièces - il y en a 440 -, même celles qui restent inaccessibles aux visiteurs, aux touristes.

     Je ne suis pas sûr qu'on doive interdire aux gens d'écrire sur les murs. "

                                                                        p. 65 - 66

     "Quelques jours après le départ de Dora, à la mi-juillet 1942, quand ils ont eu un pressentiment, quand par la radio de Londres, ils ont entendu parler des rafles à Paris et des Juifs parqués au vélodrome d'Hiver, Léo est parti faire son portrait, un matin, dans la cave de l'église. Parce qu'il ne voulait pas oublier les détails de ses fossettes et de ses ridules, de son sourire et de ses mèches blondes, un peu bouclées quand il pleuvait, ses mèches d'or qui lui entouraient le visage. Il a gravé son visage dans la cave de l'église, au burin dans le tuffeau, tendre et poreux, au couteau et avec ses ongles, afin que Dora ne meure jamais tout à fait.

    Le soir, Léo Chiménovitch avait les mains en sang, la peau râpée, des croûtes rouges au bout des doigts. Le soir, il n'avait plus d'ongles."

                                                                         p. 136 -137


 

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"L'orgue de quinte" de Hervé PICART

L'orgue de quinte

Hervé PICART

roman polar - 215 pages

Editions Le cartor astral

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L'auteur :

Hervé PICART est né dans le nord de la France. Il a très longtemps mené une double vie. Professeur de latin et de grec le jour, "roc critic" le soir pour le magazine "Best".  Bref, Homère, Ovide, ni Deep Purple et Metallica n'ont pas de secrets pour lui. La cinquantaine venue, c'est en créateur de mystères et d'énigmes qu'il se transforme .

L'oeuvre :

L'ARCAMONDE est une boutique au coeur de la vieille ville de Bruges ...

C'est le domaine de Frans BOGAERT, antiquaire distingué et brocanteur curieux. Avec l'aide de son assistante, Bogaert se livre à des expertises d'objets hors du commun, manifestant un art de la déduction qui n'aurait pas déplu à Sherlock HOLMES.

Chaque objet l'entraîne dans une enquête qui révèle des pans secrets de l'Histoire mais aussi quelques méandres étonnants de l'âme humaine.

L'ARCAMONDE : 12 volumes

- Le dé d'Atanas : novembre 2008

- L'orgue de quinte : mars 2009

- Le coeur de glire : novembre 2009

- La pendule endormie : mars 2010

Le livre :

Bogaert pense avoir déniché le légendaire "orgue à liqueurs" du héros d'un roman du XIXème siècle sur une brocante dans la petite ville médiévale de Provins. Le flair de notre antiquaire se retrouve bientôt sur la piste bien inquiétante d'un maître verrier qui, dans sa quête du cristal parfait est bien résolu à distiller le chagrin de ses victimes ...

L'extrait :

     " - Vous avez raison, convient Bogaert. Cela dit, je serais quand même curieux d'apprendre quel intérêt votre Sainte Mère l'Eglise porte à l'orgue à liqueurs de des Esseintes. Intérêt plutôt vif, si j'en juge d'après la coquette somme que vous êtes disposé à verser pour son acquisition.

       - Nous n'avons pas à faire mystère de nos motifs en cette affaire, déclare le religieux. Je vais tout vous expliquer. Vous savez comme tout le monde que notre Eglise traverse une certaine crise de vocations. Seulement sept pour cent des catholiques français sont pratiquants, c'est dire. En plus de la tiédeur de nos ouailles, nous sommes confrontés à la concurrence d'autres religions plus ... ardentes. Il nous faut donc réagir, et faire un peu de publicité de notre foi. C'est pourquoi nous allons organiser dans quelques mois une exposition au Petit Palais de Paris, dont le but sera de manifester largement à quel point la croyance chrétienne a permis à des artistes de renom de se surpasser pour réaliser leurs oeuvres les plus accomplies. Comment la lumière de Dieu vient éclairer les toiles des maîtres, en quelque sorte. Vous conviendrez que les exemples d'inspiration sacrée ne manquent pas. A nous de les utiliser, de les mettre en valeur, pour montrer à tous à quel point croire en Dieu permet de s'épanouir. Nous avons négligé trop longtemps de prouver que la foi aide à révéler le meilleur de soi-même. Que serait Raphaël sans Dieu, je vous le demande ?

      - Un païen de génie, probablement, risque Bogaert, tout en s'offrant une bouchée de grouse bien aspirée. Mais poursuivez. "

                                                            p. 107 - 108

 

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30/06/2009

"La petite cloche au son grêle " de Paul VACCA

La petite cloche au son grêle

Le son de la petite

Paul VACCA

 premier roman - 182 pages

Editions Philippe REY

 

L'auteur :

L'oeuvre :

L'extrait :

"  - La "Recherche du temps perdu" à douze ans ? Quelle drôme d'idée ?

C'est un peu dense tout de même, un peu compliqué, il me semble.

.......

    - Vous le déconseillez alors ? dis-tu d'une voix blanche.

    - Déconseiller ? Pourquoi déconseiller ? Au contraire. Qu'est-ce qui interdirait de lire Proust à treize, douze ou même  sept ans ? Si votre fils ne comprend pas tout, quelle importance ? Est-ce que nous-mêmes, nous comprenons tout ce que nous lisons?  J' n'en suis pas persuadée. Au fond, ce n'est pas mieux comme cela ? Lire, 'est aller vers l'inconnu, c'est chercher à découvrir de nouveaux mondes, à percer de nouvelles énigmes ... Sans garantie de succès. D'ailleurs, on ne fait jamais le tour d'un livre, on n'épuise jamais la totalité de son mystère. C'est même peut-être ce qui nous échappe qui est le plus important ...

Peu à peu, tu soucis de nouveau. "                         p. 31 -32

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16/04/2009

"La scribe" de Antonio GARRIDO

la scribe

La scribe

de  Antonio GARRIDO

premier roman - 500 pages

Editions : LGLM pour Les presses de la Cité

L'auteur :

Pour Antonio Garrido, ingénieur de formation, La scribe est son premier roman.

Le thème :

L'extrait  :

Mon avis :

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10/04/2009

"Le tombeau d'étoiles de Maxence FERMINE

 

 

Le tombeau d'étoiles

de Maxence FERMINE

roman - 220 pages

Editions : ALBIN MICHEL

le tombeau d'étoiles

 

L'auteur : 

biographie et bibliographie : voir prédemment (06 - 04 - 2009)

Le thème :

Au soir de sa vie, un homme retrace le long chemin parcouru et les événements de sa vie. Son enfance, sa jeunesse, la guerre, son amour pour Eléonore, ... jusqu'au drame.

Dans ce roman inspiré de faits réels, sensible et envoûtant, La Savoie occupée (guerre 40-45) est au centre de cette histoire de vengeance et d'amour.

L'extrait :

p. 157

      "Lorsqu'il eut terminé son récit, Julien Roche ferma les yeux et se prit la tête à deux mains, comme s'il éprouvait une grande fatigue, une infinie lassitude. Puis il se mit à pleurer ainsi que pleurent les petits enfants sur le ventre de leur mère. Des gémissement sans fin, et moi je restais là comme un idiot à ne pas savoir s'il fallait le consoler on non, parce que c'était une tristesse qui ne se partageait pas. Je compris alors qu'il n'était plus le même. Parfois, raconter ce qu'on vient de vivre, se laisser entraîner dans les recoins de l'âme, peut vous assassiner plus sûrement qu'un coup de fusil."

p. 206

     "J'aurais voulu dire que je les ai aimés comme je n'ai jamais aimé personne. Que sans eux je ne suis rien. Qu'un homme seul est un homme condamné. Mais il fallait le leur dire avant qu'ils partent. On ne dit jamais les mots qu'il faudrait à ceux qui nous entourent. Par pudeur, bêtise ou faiblesse. Après, règne le silence du trop tard. Irrémédiablement. Quand je suis seul devant mes mots, je sens parfois leur souffle par-dessu mon épaule, comme une brise légère chargée de senteurs perdues et de parfums oubliés. Alors je sais qu'ils me regardent et qu'ils me jugent."

Mon avis :

Un roman fort, émouvant où le narrateur nous confie les erreurs qu'il a commises, qui n'ont jamais été ni connues ni punies mais qui ont fini par le rattraper au soir de sa vie. Sous la plume de Maxence FERMINE, le style et l'analyse sont superbes !

A lire !

Livresquement vôtre,