02/07/2008

La Grande Eclaire de Virginie Langlois

 

Virginie Langlois
 

Voilà un livre superbe que j'ai commencé hier.

Virginie Langlois, je la connais pour l'avoir rencontrée à un de nos "Petit déjeuner lecture"

Langlois[2]

Une jeune femme toute simple (42 ans mais elle ne les fait pas ) Matheuse, puisqu'elle est ingénieur. Elle vit près de Toulon (F) et se consacre maintenant entièrement à la littérature.

Son premier roman 'Les sabliers du temps" (Actes Sud 2006) est un délice. Un bijou de poésie et d'humanité que je recommande.

Le second, "La Grande Eclaire" s'annonce tout aussi superbe.

Il commence en force. Sur la Côte d'Azur, un jeune peintre fait la rencontre d'une belle rousse d'une façon assez singulière. En Californie, un étudiant en physique essaie de retrouver son professeur qui a bizarrement disparu. On se doute bien que ces deux histoires vont finir par se rejoindre mais pourquoi et comment ? L'une est romantique à souhait, l'autre voit défiler des explications mathématiques parfois difficiles à suivre pour nous lecteurs.

Suspense ...

Extrait 1 :

.....

     "Les lèvres à peine entrouvertes, elle semble boire des mains, des yeux, des cheveux, les rayons tièdes, comme si elle se laissait enivrer par l'épaisseur de l'instant.

     Alors Sachs ferme les yeux, pour mieux ressentir lui aussi l'haleine du couchant.

     La mer borde ses enfants."

......

 

Extrait 2 :

.....

       " Nicholls et lui étaient dans la cage quantique, en pleine préparation des expériences pour les quatrièmes années. Nicholls sortait d'une réunion où David Seal, le mathématicien primé du campus, venait de l'humilier devant tout l'auditoire. Greg n'avait jamais vu Nicholls dans un tel état. Les yeux exorbités tant il était furieux. Il grommelait dans sa barbe, tempêtait en rabâchant les invectives de son collègue et ce qu'il aurait pu lui répondre s'il avait eu un meilleur sens de la répartie. Et tout en marmonnant Nicholls annonçait le positionnement final des particules avant qu'elles ne passent au travers des chambres de l'accélérateur. C'était hallucinant. Nicholls précisait sans erreur une suite de positionnements purement aléatoire. Comme s'il annonçait les bons numéros du loto.

     Greg s'en était étonné. Nicholls l'avait jeté.

     - Que crois-tu ? Tu n'as pas encore compris ? Aléatoire. Il n'y a rien d'aléatoire. La réalité n'a rien d'aléatoire. "

....

suite demain ...

Livresquement vôtre,

21:15 Écrit par Mamylectrice | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Tout au long du livre, le lecteur s’interroge sur la signification du titre. Elle ne se dévoile véritablement qu’à la fin du livre. Par contre, le lecteur peut faire vagabonder son imagination : antithèse quant à Alessandra, une aveugle ? une intrigue sous forme de puzzle dont les pièces se montent petit à petit pour « éclairer » le lecteur ? la mécanique quantique qui donne des flashes, des « éclairs » sur notre vision du monde ?
Des héros forts peuplent ce roman. Alessandra, la jeune fille aveugle qui transcende son handicap par sa faculté sensorielle d’appréhender le monde en allant à la rencontre d’une quatrième dimension le temps éclaté. Nicholls, l’homme de science qui bouscule les convenances tant sociales que scientifiques en introduisant la dimension de conscience. Sachs, l’artiste peintre qui transpose le réel pour le recréer picturalement mais dans une nouvelle perception que l’on dit abstraite mais riche de sensation. Autour d’eux gravitent des personnages également fort attachants mais peut-être plus humains, plus à l’échelle de tout un chacun. Greg, Yvette, Patricia…Ils aident les héros à se livrer, à expliquer leurs valeurs.
Mais ce roman, outre l’interrogation intérieure qu’il procure, fait vibrer le lecteur par l’intrigue qui rebondit au fil des chapitres. Comme il y en a 102 sur quelque 350 pages, ce roman maintient l’attention du lecteur dans un crescendo perpétuel.
On connaissait la poésie de Virginie Langlois qui se dégageait de son premier roman Les sabliers du temps, on la retrouve ici à certains moments. Mais c’est la veine policière qui fait vivre ce roman et qui permet d’intérioriser les idées de mécanique quantique qu’elle saupoudre tout au long du roman.
La lecture du roman est très agréable car la langue est pure et l’auteur cherche à tout moment de trouver le ton juste par rapport aux personnages qui interviennent. Ces niveaux de langue subtilement différents contribuent à l’enthousiasme et au plaisir que ressent le lecteur.

Écrit par : didier | 03/09/2008

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