28/07/2008

La donation de Florence Noiville

La donation

de Florence Noiville

premier roman - 130 pages

Editions Stock 2007

La donation - Florence Noiville

L'auteur :

Florence Noiville est journaliste au MONDE.

- Isaac B. SINGER (2003 - prix du Récit biographique)

- nombreux ouvrages pour la jeunesse

"La donation" , son premier roman, a été sélectionné pour le 21 ème festival de Chambéry 2008.

Le thème :

Au travers d'une donation, une femme, se remémore son enfance, ses parents, sa soeur, mais surtout sa mère, et prend conscience de l'héritage non seulement matériel mais aussi génétique. Vers quel secret, enfoui, se dirige-t-elle ?

L'extrait :

... "Une fois de plus, j'avais peur. Peur que la mélancolie ne m'ait occultée et, à travers moi, qu'elle ne contamine mes filles. Peur des gènes et de la transmission - comme Kierkegaard qui, dit-on, avait renoncé à la paternité pour mettre un coup d'arrêt à la malédiction familiale. Peur de cette DONATION singulière et de son étrange ambivalence. Peur enfin qu'à cause d'elle, ce que je pensais être mes choix, mon libre arbitre, ne soient que de médiocres leurres.

     En réalité, je refusais d'en voir les signes. Mais, au fond de moi, je savais bien que les jeux étaient faits. Ma soeur et moi avions été "mordues par le mal". Certains été, je tremblais d'envoyer mes filles dans la maison de Tours ." ...

Mon avis :

Trente petits chapitres d'une analyse intérieure, précise et claire. Un style, des références, un livre attachant. Pour moi, plus un récit qu'un roman, mais une réelle promesse littéraire.

livresquement vôtre,

Commentaires

Ce terme juridique signifie que les parents donnent la nue-propriété aux enfants mais gardent l’usufruit. Cette générosité peut surprendre par rapport aux liens qui désunissent parents et enfants.
Avec beaucoup de tact, Florence Noirville aborde dans son livre une problématique bien douloureuse : les difficultés que rencontrent les enfants dont la mère est dépressive et souvent hospitalisée et le père est trop faible pour rééquilibrer la vie de famille.
Le roman débute lors d’une réunion de famille chez le notaire qui a pour objet la donation d’un bien immobilier familial, les parents gardant l’usufruit et les enfants recevant la nue-propriété. Cette donation produit un électrochoc et est l’occasion pour l’héroïne de se remémorer son enfance et ses problèmes affectifs avec sa mère maniaco-dépressive. Cette hantise de la dépression la tourmente toujours car elle craint reproduire ce même processus envers ses enfants.
Florence Noirville conduit aussi le lecteur sur les chemins de la Grèce antique où il côtoie alors les héros mythologiques ; une évasion tout à fait agréable.
Ce livre écrit à la première personne apporte un style journal intime qui renvoie le lecteur à sa propre destinée et le fait réfléchir sur la relation « parents enfants » tant en amont qu’en aval.
Comme le niveau de langue est bien soutenu tout en étant limpide, le lecteur prend beaucoup de plaisir à suivre ces quelque cent vingt-neuf pages plutôt petit format.

Écrit par : didier | 03/09/2008

Les commentaires sont fermés.