30/07/2008

"José" de Richard Andrieux

 

 

Richard Andrieux - José

José

de Richard Andrieux

premier roman - 118 pages

Editions Héloïse d'Ormesson

L'auteur :

Auteur-compositeur, Richard Andrieux signe son premier album en 1988. Suivent alors plusieurs pièces de théâtre et toujours la musique.

"José" est son premier roman (ouvrage sélectionné pour le 21 ème festival de premier roman de Chambéry 2008)

Le thème :

José a neuf ans. Il vit seul avec sa mère.

José s'invente un univers à lui où personne n'a accès. Il baptise les objets qui l'entourent d'un autre nom et il leur parle. Le médecin ne semble pas inqquiet mais sa mère ne supporte plus le silence dans lequel il se mure. Elle devient alcoolique et en meurt.

L'extrait :

     "Les résultats de José à l'école sont devenus catastrophiques.

     Hélène ne va pas fort non plus. Elle s'est mise à boire le soir devant la télé. Dans sa solitude, elle aime se laisser prendre par une ivresse amie qui l'accompagne jusque dans son sommeil." ... "Son fils est dans sa chambre; il joue avec un nouvel ami, un stylo qu'il appelle "monseigneur". Les yeux fermés, José essaye de dessiner "ange" qui n'arrête pas de galoper." ... "José s'allonge sur "voyage", éteint la lumière. Le sommeil arrive; il pense au docteur qu'il aime bien."

Mon avis :

Pudique dans l'apprentissage du deuil, ce court roman, tendre et poignant, se lit d'une traite. Son style est simple et concis, les mots justes, mais il manque un souffle évident. Parce que c'est un premier roman ?

Petit bouquin à découvrir.

livresquement vôtre,

Commentaires

Merci... ... pour votre visite.

Votre fiche de lecture est très complète... conforme à ce que l'on attend pour pouvoir se faire une idée d'un livre.

Je ne connais pas votre blog, je ne parlerai donc que de
[i]José[/i], pour l'instant.

Personnellement, j'ai trouvé qu'il ne manquait pas vraiment de souffle... J'ai été, vraiment, tellement émue à sa lecture, tellement captivée, que je n'aurais pas pu ne pas en parler...

Lorsque je parle d'un livre que j'ai lu, je le fais à ma façon, en essayant de montrer pourquoi je l'ai aimé, ce que j'ai ressenti en le lisant.

Mes livres font partie de ma vie, je n'en parle pas lorsque je n'ai rien ressenti, je préfère, parce que c'est ainsi que je vois la lecture : un partage... le partage avec d'autres de ce qui nous a fait vibrer, du pourquoi de la rencontre entre le livre et soi...

...

Ce qui est amusant, c'est que je n'ai pas vu dans ce roman l'apprentissage du deuil... bien qu'il y soit, incontestablement. Il y a d'abord la construction d'un monde, bien réel, où chaque mot prend une place tellement importante que j'ai eu l'impression qu'ils comptaient plus que les objets eux-même.

C'est la construction de ce monde qui m'a plu, même si ce monde éloigne l'enfant de sa mère qui ne le comprend pas.

En allant très loin, je dirais que c'est le roman de l'incompréhension réciproque et des ravages qu'elle peut faire, même entre des personnes qui s'aiment, ou qui devraient s'aimer.

Chacun s'enferme, la mère dans l'alcool, le fils dans son univers... lui seul s'en sortira parce qu'il a trouvé à temps quelqu'un pour l'écouter.

Je crois que c'est un livre à lire, pour tous ceux qui, un jour ou l'autre, se trouvent devant quelque chose qu'ils n'arrivent pas à comprendre, que ce soit en famille ou ailleurs. Les mots n'ont pas pour tous le même sens, ni les choses le même nom.

Je sais que je ne devrais pas vous dire tout cela et je vous prie de m'en excuser. J'aurais voulu trouver dans vos mots, je ne sais pas, de l'émotion, peut-être. Alors, je suis allée lire d'autres fiches... Elles sont parfaites. C'est vrai. Mais pensez-y... Peut-être faudrait-il mettre un peu plus dans vos avis. Vous avez le droit d'en avoir, et vous avez le droit de les donner, ils n'ont pas à être "humbles" parce qu'après tout, vous êtes chez vous sur votre blog, vous y parlez de ce que vous voulez, et ceux qui viennent vous lire ont envie de faire aussi connaissance avec vous.

Ne m'en veuillez pas... Je crois que parfois je vais un peu trop loin, alors, si mes mots vous ont blessée, je vous en prie, ne m'en veuillez pas, ce n'était qu'un avis parmi tant d'autres.

Que votre soirée soit douce... et livresque bien sûr !

Écrit par : Quichottine | 30/07/2008

Les inattendus ? Ici ce sont les enfants handicapés physiques et mentaux profonds ; ceux que les parents ne souhaitent évidemment pas. Ils survivent dans un hôpital et Klara les soigne.
Ce livre renvoie le lecteur en Hongrie, dans un village miséreux où, outre les maigres revenus de la vie campagnarde, il n’y a qu’une autre issue de survie : travailler à l’hôpital psychiatrique qui n’a que des enfants et des ados pour patients. Mais quel hôpital ! Plutôt un mouroir, une désespérance face à cette misère de tous les jours et où il ne fait pas bon vivre et où règne l’indigence ; les médicaments, dons généreux des pays occidentaux, leur arrivent périmés.
En mal de vivre et pour fuir l’existence morose à la maison, la jeune Klara travaille à l’hôpital pour ramener un peu d’argent à ses parents ; elle se met au diapason de ces enfants monstres délaissés de leurs parents. Cette empathie ne relève pas son moral mais permet peut-être d’alléger quelque peu la souffrance qu’elle devine chez ces jeunes. Sa seule évasion de cette vie cauchemardesque est la lecture de son poète préféré.
Ce livre provoque à coup sûr un questionnement auprès du lecteur. Pourquoi ne pas faire côtoyer tous les humains ? A se rencontrer, il y aurait peut-être plus de fraternité, moins de divisions, plus de compréhension mutuelle…
L’écriture d’Eva Kristina Mindszenti est pour le moins originale : courtes phrases, phrases chocs répétitives, phrases d’un seul mot. Ce qui permet de frapper davantage le lecteur et de l’amener à sortir de son conformisme et de communier aux états d’âme de l’héroïne.

Écrit par : didier | 03/09/2008

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