19/08/2008

"Le Pavillon des Pivoines" de Lisa SEE

 

Le pavillon des Pivoines

Le pavillon des Pivoines

de Lisa SEE

roman - 417 pages

Editions Flammarion

L'auteur :

Lisa SEE 1955

Lisa SEE est née à Paris le 18 février 1955, d'un père chinois et d'une mère romancière américaine Carolyn SEE. Elle vit actuellement à Los Angeles avec son mari et ses 2 fils.

Elle a été élue "La femme de l'année" en 2001.

Son oeuvre :

- The Flower Net (1997)

- La Mort Scarabée (Calmann-Lévy 1998) nommé aux Edgar Awards

- The Interior (1999)

- On Gold Mountain

- Dragon Bones (2003)

- Snow Flower and the Secret Fan (2005)

- Le Pavillon des Pivoines (2007)

Le thème du livre :

L'action se situe au XVII siècle en Chine, juste après la chute de la dynastie Ming et la prise du pouvoir par les Mandchous.

Pivoine, comme toutes les femmes de sa condition, vit recluse dans les appartements des femmes. Elle va avoir 16 ans et est promise à un mari qu'elle n'a jamais rencontré. Pour ses seize ans, son père a engagé une troupe de théâtre qui viendra jouer son opéra favori (et sa seule lecture) "Le Pavillon des Pivoines". Les femmes regarderont l'opéra derrière un paravent.

Durant la représentation, qui dure trois jours, Pivoine tombe amoureuse d'un jeune homme élégant et beau. C'est dans ce récit d'un amour contrarié et imprégné de mystère que nous plonge Lisa SEE. Toutes les croyances et traditions chinoises y trouvent leur place, de la vie des âmes après la mort jusqu'aux pieds bandés des femmes de hautes conditions.

L'extrait :

     "Durant le banquet, Ren et son épouse furent escortés jusqu'à la chambre où devait se dérouler la nuit de noces. Des cierges rouges, hauts de près d'un mètre, répandaient dans la pièce une lueur dorée. S'ils n'étaient pas entièrement consumés d'ici la fin de la nuit, ce serait de bon augure. La cire qui s'écoulait était à l'image des larmes que verserait la mariée, une fois seule en compagnie de son époux. Si jamais l'un des cierges s'éteignait - fût-ce accidentellement - cela présagerait la mort prématurée de l'un des époux. L'orchestre jouait bruyamment et j'étais terrifiée par le fracas des cymbales. Chaque roulement de tambour me glaçait davantage. Les orchestres jouent toujours très fort lors des mariages ou des funérailles, afin d'effrayer et de chasser les esprits malfaisants. Mais je n'étais pas un esprit malfaisant : j'étais une jeune fille au coeur brisé, qui s'était vue privée du destin qui l'attendait. Je restai aux côtés de Ren jusqu'à ce que les pétards ne se mettent à exploser. Leurs détonations me secouèrent bientôt dans tous les sens. C'était plus que je n'en pouvais supporter et j'allai me réfugier dans les hauteurs de la pièce.
     D'où j'étais, je vis mon poète tendre les mains vers le voile de son épouse, ôter les épingles qui le maintenaient et le soulever afin de faire apparaître son visage, que je reconnus aussitôt.

     Tan Ze !

     J'étais doublement furieuse. Le premier soir de la représentation, bien des années plus tôt, cette gamine m'avait dit qu'elle demanderait à son père de se renseigner au sujet de Ren. Et aujourd'hui, elle avait obtenu ce qu'elle convoitait. Comme j'allais souffrir ! Mon esprit n'aurait de cesse de venir la hanter, j'allais rendre ses journées infernaless, et l'accabler de toutes les misères. J'avais beaucoup souffert, ces dernières années, mais la vue de Ze - dont les seins d'une blancheur parfaite se révélaient à présent, dans toute leur nudié - me plongeait dans un désespoir et une rage incommensurablement supérieurs. Comment la mère de Ren avait-elle pu porter son choix sur cette petite peste ? Je l'ignorais, mais le fait était là : parmi toutes les femmes de Hangzhou, elle s'était arrangée pour que son fils épouse celle qui était le mieux à même de me faire souffrir. Etait-ce pour cela que Ze était restée d'une telle immobilité dans la chambre nuptiale ? S'était-elle protégée à l'avance, sachant que je serais là ? Le livre de la piété filiale à l'usage des filles  prétend que la jalousie est la pire des émotions qui peuvent s'emparer de nos ancêtres - et j'en étais l'illustrations parfaite.

     Ren défit les noeuds qui retenaient la jupe de Ze. " ....

Mon avis :

La découverte de la Chine ancienne, de ses valeurs, ses traditions et ses croyances m'a fascinée. La découverte des "pieds bandés" dans toute sa réalité m'a émue. Je connaissais cette tradition ancienne mais je croyais qu'elle était appliquée à toutes les femmes et qu'elle empêchait les pieds de grandir. Je n'imaginais pas le douloureux procédé, et appliqué par la mère  !!! Quelle est la condition des femmes dans la Chine actuelle ? Une nouvelle curiosité pour moi maintenant !

J'ai envie d'aller lire un autre livre de Lisa SEE ...

livresquement vôtre, ce 19 août 2008,

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