11/10/2008

"Hors de moi" de Claire MARIN

Hors de

Hors de moi

de Claire Marin

premier roman - 126 pages

Editions ALLIA


Une pédagogie de la maladie est-elle possible ?

Conférence de Claire Marin

En collaboration avec l’UFR de médecine

« Mon médecin, c’est celui qui accepte de moi que je voie en lui un exégète avant de l’accepter comme réparateur. »

Georges Canguilhem

 

« Il en va de l’interprétation de la maladie comme de l’interprétation d’un rêve. Personne n’est mieux placé que le sujet lui-même pour rendre compte du sens qu’il peut lui donner. »

Claire Marin

 

En 2008, la philosophe Claire Marin a publié un récit, Hors de moi (éd. Allia), et un essai, Violences de la maladie, violence de la vie (Armand Colin) portant tous deux sur l’expérience de la maladie. Ces ouvrages contribuent à la « Critique de la raison médicale pratique » que Georges Canguilhem appelait de ses vœux en 1978 dans « Une pédagogie de la guérison est-elle possible ? ». Ils ébauchent une précieuse pédagogie de la maladie dont l’enjeu est de compléter la science biomédicale des maladies par une connaissance approfondie de la maladie comme expérience subjective.

 

Claire Marin souligne qu’il nous est aujourd’hui difficile de reconnaître que, comme la mort, la maladie fait partie de la vie. Elle nous alerte sur le fait qu’à la violence de la maladie peut dès lors s’ajouter une autre violence : celle du déni de la réalité même de la maladie. Notre société nourrit un idéal de santé, de jeunesse et de performance. Elle se représente souvent la maladie comme un accident imprévisible et évitable, un événement passager qui, grâce aux prouesses de la médecine et à la volonté conjointe des soignants et des soignés, doit trouver son issue dans la guérison. Cette idéalisation de la vie et de la médecine, cette occultation de la maladie comme nécessité vitale et comme réalité vécue peuvent conduire à une certaine violence du soin : il est en effet possible de dispenser des soins tout en négligeant l’expérience propre de la personne soignée.

 

La philosophie rappelle pourtant la nécessité vitale de la maladie. Nourrie par les arts et la littérature, elle permet aussi de décrire, dans ses multiples dimensions subjectives et sociales, l’expérience de la maladie. Celle-ci affecte l’identité corporelle, personnelle et sociale. Elle bouleverse la perception de soi, de la temporalité, de l’existence, des relations aux autres et au monde.

Dans cette perspective, la philosophie peut participer à une pédagogie de la maladie dont l’enjeu serait de former les médecins et les soignants à reconnaître, comprendre et respecter la singularité de chaque patient. Ainsi pourrait s’instaurer une relation véritable de soin qui briserait le tête-à-tête douloureux du malade et de sa maladie et qui aiderait ce dernier à donner un sens personnel à sa maladie.

 Ce sont les grandes lignes de cette pédagogie de la maladie et de l’éthique du soin qu’elle rend possible que Claire Marin viendra présenter et discuter.

 

Après cet article, vous en connaissez autant que moi à propos de Claire Marin et de son livre.

Je n'ai pas pu (pour des raisons personnelles) soutenir cette lecture jusqu'au bout. Je vous laisse donc sans avis.

 

Livresquement vôtre, ce 11 octobre 2008.

Commentaires

Chère Mamylectrice,
Je me permets une petite précision, la photo que vous placez au-dessus de l'article consacré à Claire Marin est bien une photo de Claire Marin, mais pas l'auteure du roman. Il s'agit d'une homonyme.
Vous trouverez des photos de Claire Marin sur www.faces.com.
Bien cordialement.

Écrit par : mercutio9 | 08/11/2008

Les commentaires sont fermés.