06/04/2009

"La mère de ma mère" de Vanessa Schneider

LA MERE DE MA MERE

de Vanessa SCHNEIDER

premier roman - 133 pages

Editions STOCK

La mère de ma mère

 

L'auteur:

Schneider_Vanessa[1]

Journaliste politique,Vanessa SCHNEIDER est née à Puteaux en 1969. Après 13 ans à LIBERATION, elle rejoint l'agence de télévision CAPA. "La mère de ma Mère" est son premier roman.

Bibliographie:

- La déprime des politiques. - essai -2001 - Ed. SEUIL

L'oeuvre:

De l'île d'Haïti au début du siècle jusqu'au petit appartement de la rue Cardinet à Paris, la narratrice retrouve la trace de Clara, la mère de sa mère, morte centenaire à la fin de l'été d'avant. L'auteur ne parvient pas à l'appeler "grand-mère", elle la connaît si peu. Elle l'a rencontrée pour la première fois au lendemain de ses trente ans. La mère de la narratrice a vingt et un ans lorsqu'elle décide de ne plus jamais voir Clara. Elle tient sa promesse alors que les deux femmes (mère et fille) vivent dans la même ville à quelques stations de métro l'une de l'autre. Quand elles décident de se retrouver, trente-cinq ans après, il n'y a plus rien à rattraper.

L'extrait:

p. 90 - 91

....."Nous n'attendons personne. J'entends la toute petite voix de ma mère: "Bonjour, que voulez-vous ?" Puis une voix étrangère. "Tu ne me reconnais pas?" "Non", répond ma mère. Je m'approche, intriguée. Je sens à son ton que quelque chose cloche. Je vois une silhouette de petite taille dans l'encadrement de la porte, des cheveux gris. Ma mère se retourne : "Eh bien voilà, c'est ton grand-père", me lance-t-elle d'un ton faussement guilleret. Elle lui demande, mal assurée, ce qu'il fait là, il répond, tout aussi hésitant, qu'il passait dans le quartier, et qu'il est monté, au cas où il y aurait quelqu'un, pour dire bonjour. Je l'imagine aujoud'hui préparer son retour. Il a dû venir à Paris exprès, prendre l'avion ou le train. Ou bien a profité d'un autre rendez-vous pour aller voir sa fille.

     Elle ne le fait pas entrer, elle lui dit "Bon, eh bien au revoir", il balbutie qu'il est content de l'avoir revue, elle ferme la porte derrière lui. Plus tard, lorsque j'ose lui dire qu'elle aurait tout de même pu l'inviter à boire un café, elle explique qu'il l'a énervée, que c'est tout lui, ça, toujours des mensonges, il n'a pas pu passer par là par hasard, pas dans ce fin fond du XIIIe arrondissement où l'on ne vient que si l'on a quelque chose à y faire. Pourquoi a-t-il été incapable de dire la vérité, que tout simplement il voulait la revoir? Et puis elle se tait. Elle retourne dans ses souvenirs, moi, dans ma chambre.

     Je n'ai jamais revu Max. Ma mère non plus. Il est mort il y a trois ans. C'est elle qui me l'a annoncé : "Mon père est mort, je prends l'avion jeudi, il sera enterré à Cannes."

.....

 

Commentaires

Je relai votre avis du sujet, et nous vous suis vraiment reconnaissant d'avoir donnée autant de renseignement sur votre blogging.

Écrit par : cote france honduras | 15/06/2014

Les commentaires sont fermés.