16/04/2009

"La scribe" de Antonio GARRIDO

la scribe

La scribe

de  Antonio GARRIDO

premier roman - 500 pages

Editions : LGLM pour Les presses de la Cité

L'auteur :

Pour Antonio Garrido, ingénieur de formation, La scribe est son premier roman.

Le thème :

L'extrait  :

Mon avis :

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10/04/2009

"Le tombeau d'étoiles de Maxence FERMINE

 

 

Le tombeau d'étoiles

de Maxence FERMINE

roman - 220 pages

Editions : ALBIN MICHEL

le tombeau d'étoiles

 

L'auteur : 

biographie et bibliographie : voir prédemment (06 - 04 - 2009)

Le thème :

Au soir de sa vie, un homme retrace le long chemin parcouru et les événements de sa vie. Son enfance, sa jeunesse, la guerre, son amour pour Eléonore, ... jusqu'au drame.

Dans ce roman inspiré de faits réels, sensible et envoûtant, La Savoie occupée (guerre 40-45) est au centre de cette histoire de vengeance et d'amour.

L'extrait :

p. 157

      "Lorsqu'il eut terminé son récit, Julien Roche ferma les yeux et se prit la tête à deux mains, comme s'il éprouvait une grande fatigue, une infinie lassitude. Puis il se mit à pleurer ainsi que pleurent les petits enfants sur le ventre de leur mère. Des gémissement sans fin, et moi je restais là comme un idiot à ne pas savoir s'il fallait le consoler on non, parce que c'était une tristesse qui ne se partageait pas. Je compris alors qu'il n'était plus le même. Parfois, raconter ce qu'on vient de vivre, se laisser entraîner dans les recoins de l'âme, peut vous assassiner plus sûrement qu'un coup de fusil."

p. 206

     "J'aurais voulu dire que je les ai aimés comme je n'ai jamais aimé personne. Que sans eux je ne suis rien. Qu'un homme seul est un homme condamné. Mais il fallait le leur dire avant qu'ils partent. On ne dit jamais les mots qu'il faudrait à ceux qui nous entourent. Par pudeur, bêtise ou faiblesse. Après, règne le silence du trop tard. Irrémédiablement. Quand je suis seul devant mes mots, je sens parfois leur souffle par-dessu mon épaule, comme une brise légère chargée de senteurs perdues et de parfums oubliés. Alors je sais qu'ils me regardent et qu'ils me jugent."

Mon avis :

Un roman fort, émouvant où le narrateur nous confie les erreurs qu'il a commises, qui n'ont jamais été ni connues ni punies mais qui ont fini par le rattraper au soir de sa vie. Sous la plume de Maxence FERMINE, le style et l'analyse sont superbes !

A lire !

Livresquement vôtre,

08/04/2009

"Passion simple" de Annie ERNAUX

Passion simple A. Ernaux

Passion simple

de  Annie ERNAUX

roman - 76 pages

Editions : NRF chez GALLIMARD

L'auteur :

A.ERN

 Voir bio et bibliographie sur "Les années" (en date du 31 08 2008)

L'oeuvre :

La narratrice, dont le lecteur ne doute pas qu'il s'agisse d'Annie Ernaux elle-même, détaille sa passion pour un homme  marié. Plus qu'une histoire d'amour, c'est avant tout l'histoire d'une attente amoureuse et vaine. Le livre a fait sensation en France : le scandale est sans doute dû à la descripition plus clinique que pornographique du sexe. Oeuvre originale, "Passion simple" a été traduit en plusieurs langues.

L'extrait :

p. 37

 

     "Les contraintes que m'imposait sa situation d'homme marié - ne pas lui téléphoner - ne pas lui envoyer de lettres -ne pas lui faire de cadeaux qu'il justifierait difficilement - dépendre constamment de ses possibilités de se libérer - ne me révoltaient pas."

    

p.45

     "Sans cesse le désir de rompre, pour ne plus être à la merci d'un appel, ne plus souffrir, et aussitôt la représentation de ce que cela supposait à la minute même de la rupture : une suite de jours sans rien attendre. Je préférais continuer à n'importe quel prix - qu'il ait une autre femme, plusieurs (c'est-à-dire une souffrance encore plus grande que celle pour laquelle je voulais le quitter). Mais à côté du néant entrevu, ma situation présente me paraissait heureuse, ma jalousie une sorte de privilège fragile dont j'aurais été folle de désirer la fin, puisque celle-ci viendrait bien un jour en dehors de ma volonté, quand il partirait ou me quitterait, lui. "   

 

 

Mon avis :

 

Annie ERNAUX, que j'aime lire et que je viens de relire à l'ocasion d'un prêt que j'ai octroyé à une petite étudiante.

Un livre qui a fait "scandale" à l'époque et qui maintenant ferait moins de remous. Autres temps, autres moeurs, autre vocabulaire, autres valeurs.

J'aime la femme en elle, celle qu'elle est et celle qu'elle défend.

Livresquement vôtre,

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06/04/2009

"Les Carnets de Guerre de Victorien Mars" de Maxence FERMINE

 

 

Les Carnets de Guerre de Victorien Mars

de Maxence FERMINE

roman - 186 pages

Editions ALBIN MICHEL

Les carnets de guerre

 

L'auteur :

MAXENCE FERMINE

Né en 1968 à Albertville (Savoie), Maxence Fermine passe une partie de son enfance à Grenoble. Puis il s'installe à Paris où il vivra treize ans.
Il s'inscrit en faculté de lettres où il parvient à demeurer presque un an (mais pas tout à fait !).
Il part en Afrique avec des livres plein les valises, s'éprend du désert, travaille dans un bureau d'études en Tunisie.
Il se marie et depuis six ans vit en Savoie - dans la neige - avec sa femme et une petite fille, Léa, aujourd'hui âgée de sept ans.

Bibliographie :

 

- Les Carnets de guerre de Victorien Mars - Albin Michel - 2008.

- Le Tombeau des étoiles - Albin Michel - 2007.

- Le Labyrinthe du temps - Albin Michel - 2006.

- Tango Massaï - Albin Michel - 2005.

- Amazone song - Albin Michel - 2004.

- Billard blues -  Albin Michel - 2003

- Opium - Albin Michel - 2002.

- Sagesses et malices de Confucius, le roi sans royaume - Albin Michel - 2001.

- L'Apiculteur - Albin Michel - 2000.

- Neige - Arléa - 1999.

 

- Le Violon noir - Arléa - 1999.

 

L'oeuvre :

Victorien, le narrateur, et ses compagnons subissent la guerre des tranchées, durant le conflit de 1914-1918. Tandis que l'ennemi veille, un adjudant psychopathe sévit dans les rangs des soldats.

Quatrième de couverture


« Cette histoire commence comme ça. On est tous les cinq dans cette tranchée qui n 'est pas la nôtre. Trois agenouillés au sol et deux debout. J'ai un pistolet sur la tempe. De l'autre côté du pistolet, il y a un soldat français. Et j'attends qu'il tire. »

Verdun, avril 1916. En première ligne, l'épouvante des tranchées : un gouffre de peur, de faim, de froid. Mais pas seulement. Non loin de l'ennemi déclaré, un autre, plus sournois, sévit. Un adjudant qui se repaît de la souffrance de ses hommes. Un bourreau que la guerre, enfin, autorise à tuer.

Dans ce roman atypique et dérangeant, Maxence Fermine explore cette « mise entre parenthèses de la vie » qu'impose la guerre. Mais plus que l'horreur du conflit, c'est, sous un angle humain, l'enfer psychologique et les sentiments extrêmes suscités par la crainte de la mort qu'il met en abyme avec un incontestable talent.

 L'extrait :

p : 126 - 127

     "Ce jour-là, l'As de Pique est au paroxysme de la folie sanguinaire. Resté en retrait pour s'assurer qu'aucun des hommes de l'escouade ne flanche au dernier moment, il fonce tête baissée dans la mêlée en hurlant comme une bête. D'un coup de fusil, il abat un soldat allemand, en éventre un deuxième avec le fil aiguisé de sa baïonnette, défonce avec sa crosse la crâne d'un troisième qui le charge d'un peu trop près, s'arrête, recharge, puis repart à l'attaque, guerrier invincible et sans peur, âme damnée, héros de toute une armée, rouage indispensable d'une mécanique qui nous conduit tout droit à la victoire.

     Un instant, pourtant, la mécanique s'enraye. A quelques pas devant nous, un de nos compagnons vient de mettre un genou à terre. Cet homme c'est Keller. Un Alsacien au teint blafard qui ne parle qu'un patois impossible à comprendre. Epuisé, harassé sans doute par la lourde charge de son barda, il s'en défait et le pose à ses côtés, ainsi que son arme. Strictement interdit par le règlement, et surtout très dangereux au moment de l'attaque, mais que faire ? Lui intimer l'ordre de poursuivre ? Le blâmer pour cela ? Je n'en ai pas envie.

     Keller demeure ainsi quelques secondes, à tenter de recouvrer un peu de souffle ou de courage. Je m'avance en rampant, sans me soucier de lui. Après tout, c'est son affaire, pas la mienne. J'entends alors le claquement d'un fusil. Lorsque je me retourne, Keller a la bouche ouverte, les yeux vides et un trou au milieu du front. Il est mort, d'une balle en pleine tête.

     Et pourtant, Keller n'a pas été fauché par une balle ennemie. Cela, j'en ai la certitude. D'aileurs, il tournait le dos à la tranchée allemande.

     Je scrute alors l'horizon, pour tenter de comprendre qui a bien pu tirer. Et c'est là que je découvre, à quelques mètres en arrière, l'ombre inquiétante de l'As de Pique, un large sourire aux lèvres, et qui recharge lentement son fusil sans se soucier de rien. "

.....

"La mère de ma mère" de Vanessa Schneider

LA MERE DE MA MERE

de Vanessa SCHNEIDER

premier roman - 133 pages

Editions STOCK

La mère de ma mère

 

L'auteur:

Schneider_Vanessa[1]

Journaliste politique,Vanessa SCHNEIDER est née à Puteaux en 1969. Après 13 ans à LIBERATION, elle rejoint l'agence de télévision CAPA. "La mère de ma Mère" est son premier roman.

Bibliographie:

- La déprime des politiques. - essai -2001 - Ed. SEUIL

L'oeuvre:

De l'île d'Haïti au début du siècle jusqu'au petit appartement de la rue Cardinet à Paris, la narratrice retrouve la trace de Clara, la mère de sa mère, morte centenaire à la fin de l'été d'avant. L'auteur ne parvient pas à l'appeler "grand-mère", elle la connaît si peu. Elle l'a rencontrée pour la première fois au lendemain de ses trente ans. La mère de la narratrice a vingt et un ans lorsqu'elle décide de ne plus jamais voir Clara. Elle tient sa promesse alors que les deux femmes (mère et fille) vivent dans la même ville à quelques stations de métro l'une de l'autre. Quand elles décident de se retrouver, trente-cinq ans après, il n'y a plus rien à rattraper.

L'extrait:

p. 90 - 91

....."Nous n'attendons personne. J'entends la toute petite voix de ma mère: "Bonjour, que voulez-vous ?" Puis une voix étrangère. "Tu ne me reconnais pas?" "Non", répond ma mère. Je m'approche, intriguée. Je sens à son ton que quelque chose cloche. Je vois une silhouette de petite taille dans l'encadrement de la porte, des cheveux gris. Ma mère se retourne : "Eh bien voilà, c'est ton grand-père", me lance-t-elle d'un ton faussement guilleret. Elle lui demande, mal assurée, ce qu'il fait là, il répond, tout aussi hésitant, qu'il passait dans le quartier, et qu'il est monté, au cas où il y aurait quelqu'un, pour dire bonjour. Je l'imagine aujoud'hui préparer son retour. Il a dû venir à Paris exprès, prendre l'avion ou le train. Ou bien a profité d'un autre rendez-vous pour aller voir sa fille.

     Elle ne le fait pas entrer, elle lui dit "Bon, eh bien au revoir", il balbutie qu'il est content de l'avoir revue, elle ferme la porte derrière lui. Plus tard, lorsque j'ose lui dire qu'elle aurait tout de même pu l'inviter à boire un café, elle explique qu'il l'a énervée, que c'est tout lui, ça, toujours des mensonges, il n'a pas pu passer par là par hasard, pas dans ce fin fond du XIIIe arrondissement où l'on ne vient que si l'on a quelque chose à y faire. Pourquoi a-t-il été incapable de dire la vérité, que tout simplement il voulait la revoir? Et puis elle se tait. Elle retourne dans ses souvenirs, moi, dans ma chambre.

     Je n'ai jamais revu Max. Ma mère non plus. Il est mort il y a trois ans. C'est elle qui me l'a annoncé : "Mon père est mort, je prends l'avion jeudi, il sera enterré à Cannes."

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