11/10/2008

"Le goût des abricots secs" de Gilles D. Perez

 

 

le goût

 

 

Le goût des abricots secs

de Gilles D. PEREZ

premier roman - 95 pages

Editions du ROUERGUE 2008

 

Je n'ai rien trouvé sur Gilles D. PEREZ sinon qu'il est né à Casablanca en 1965 et qu'il vit entre Paris et Buenos Aires. Pas de photo ni autre bibliographie.

Je n'ai pas terminé la lecture de ce premier roman. Pas à mon goût du jour à ce moment-là. Je n'ai pas d'avis à donner mais je vous laisse avec un article.

Livresquement vôtre,

La pluie, toujours la pluie. Derrière la fenêtre, un vieil homme regarde cette grisaille endémique. Il vit seul dans un immeuble autrefois peuplé. Seul son voisin est resté, bravant avec lui les avis d’expulsion. Ils se cloîtrent, n’entendant qu’un lointain murmure de la ville qui gronde au dehors. Gardiens privilégiés de ces murs, ils sont les derniers témoins d’un temps révolu.

Partir de cet immeuble serait une sorte de renoncement, une fuite, l’adieu impensable à l'épouse décédée. Il se souvient de sa femme qui escaladait les mêmes escaliers, parcourait la même cour. Chaque pierre que comporte cette bâtisse lui rappelle sa présence. Tard dans la nuit, «Scènes d’enfant» de Schumann résonne, une œuvre joyeuse pour mieux retenir son épouse qui a fait de ces accords musicaux une marque indélébile de leur identité, malgré l’exil, malgré la maladie.

Derrière la mince cloison, son voisin écoute comme interdit ce dialogue musical, vivant avec ses propres fantômes, ou plutôt celui de Vera, l’absente, la disparue. Malgré le vide de son appartement, l’image de Vera est là, entêtante, omniprésente, Vera sur la plage, Vera et ses chapeaux improbables. En se liant d’amitié, les deux naufragés font ce pacte intime de vivre dans un temps figé.

Nostalgique, Le Goût des abricots secs est un voyage immobile, dénué de toute affectation ; on se laisse bercer par ce court roman au rythme lent. Par cette atmosphère singulière, Gilles D. Perez écrit un premier roman plein de charme, poétique et touchant.


Catherine Martinez-Scherrer
(
Mis en ligne le 05/03/2008 )