03/07/2008

La Grande Eclaire (suite 1)

 

On ne le lâche pas si facilement ce bouquin-là !

Heureusement je dispose de beaucoup de temps à moi !

On entre en plein espionnage.

Mais quelle est la découverte à préserver ?

Extrait 3 :

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     "Au sous-sol, dans la salle des essais, un minuscule espace style aquarium sert de bureau pendant les travaux pratiques. Au mur y trône une horloge. Un moulage design de plastique noir et blanc en forme de spirale, un cadeau d'un des étudiants de Nicholls. L'horloge est désagréable à fixer parce que les spirales contrastées créent une sensation de vertige. Les chiffres des heures sont comme aspirés par le vortex noir et blanc - le symbole de l'espace-temps happé par un trou noir - et ne sont plus à leur emplacement habituel. Le trois se trouve à la place du cinq, le huit presque au centre, le deux a dégringolé à l'emplacement du six, etc. Les aiguiles trottent d'une façon ordinaire mais les illusions d'optique créent des confusions. Nicholls adore tester ses nouveaux étudiants en leur demandant d'y lire l'heure. Ils affichent un air particulièrement ahuri lorqu'ils n'y parviennent pas . Aucune moquerie dans l'intention de Nicholls, ce test est significatif pour lui. Pour celui qui a l'habitude de se concentrer sur l'essentiel et de ne pas se laisser distraire par la mise en scène, la position des aiguiles remplit son office. L'heure saute aux yeux. Rien de déstabilisant. En revanche, ceux qui ont tendance à se laisser happer par les apparences perdent pied et le vertige commence.

     Pour Nicholls, un bon physicien ne doit pas se laisser séduire par le décor et doit rester attentif à l'essentiel, et il entend par essentiel, l'essence d'un phénomène, c'est-à-dire les forces en jeu et l'énergie mise en oeuvre. La réalité est là, le reste n'est que costume. Le vieux prof ne s'investit pas outre mesure avec les étudiants qui se manquent sur cette horloge. Pas par mépris mais plutôt par objectivité. Il sait simplement qu'ils ne deviendront pas chercheurs en physique fondamentale. Ils feront peut-être de brillantes carrières dans l'ingénierie ou le design industriel, attirés plus par le développement technologique que par le monde des concepts. "

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Extrait 4 :

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     " - Lorsque j'ai enfin intégré que le sens de la vue n'était pas le chemin absolu, j'ai arrêté de pleurer sur mon sort et je me suis mise à croire que la réalité nous est accessible autant qu'aux autres, c'est notre façon de la représenter qui n'utilise pas les mêmes supports. La perception que nous avons du monde n'est pas le monde, mais elle permet d'évoluer dans le champ de sa réalité. "

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(à suivre )

Livresquement vôtre,

   

15:08 Écrit par Mamylectrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lecture - roman - virginie langlois |  Facebook |