17/09/2008

La main de Dieu de Yasmine CHAR

 

La main de Dieu - Y. Char

 

La main de Dieu

de Yasmine CHAR

premier roman - 97 pages

Editions NRF Gallimard 2008

L'auteur :

Yasmine CHAR est née à Beyrouth en 1963 d'un père libanais et d'une mère française. Elle a vécu 25 ans au Liban. Après des études de Lettres, elle s'investit dans des missions humanitaires et voyage.
Elle vit en Suisse depuis 12 ans.

Ses oeuvres :

- "Souviens-toi de m'oublier" - 2001 - théâtre

- "A deux doigts" - 2004 - guide

- "La main de Dieu" - 2008

Yasmine Char

Le thème :

Une jeune fille en robe verte court dans les ruines, le long de la ligne de démarcation. Le Liban est en guerre. Sa mère, Française, est partie sans laisser d'adresse. Elle vit avec son père, dans la famille musulmane, tiraillée entre deux cultures. Une petite "sauvageonne" qui, dans les ruines, se jette dans les bras d'un étranger, découvre l'amour et apprend le maniement des armes.

"C'est l'histoire d'une adolescente qui tombe et qui se relève toujours."

L'extrait :

     "La guerre a été longue. Elle a duré quinze ans. J'avais huit ans lorsqu'elle a commencé. Les gens ne pensaient pas qu'elle allait durer aussi longtemps. S'ils avaient su, ils seraient tous partis. Ils croyaient que les cessez-le-feu allaient faire cesser cette guerre. Ils croyaient encore ce qu'on leur disait. Durant les périodes d'accalmie, la population effaçait les traces de combats. Les trous des immeubles étaient rebouchés, les rideaux de fer des commerces remplacés. Et puis j'ai eu douze ans. Je suis devenue une jeune fille dans la guerre. Dans le sang de la guerre, sur une bande de terre devenue trop étroite.. Au sud des envahisseurs, au nord des envahisseurs, et nous les habitants pris en otages. Et puis j'ai eu treize ans, quatorze ans, quinze ans, tout ce temps à espérer pour rien. A prier pour que les forts viennent à notre secours. Les forts pour punir les envahisseurs et rendre leur place aux plus faibles, à la souveraineté. A ce stade, la vérité nous apparaît. La certitude que la guerre ira jusqu'au bout de ce qu'elle doit accomplir, sans limites de temps. C'est une évidence qui nous écrase. L'espoir est abandonné, ruinés les essais de reconstruire. Nous devenons des survivants et le Liban le lieu des règlements de comptes. "    p.63

Mon avis :